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Assurance Villégiature

Différence entre assurance villégiature et assurance résidence secondaire

Photo de Delphine Hamel

Par · dans Comprendre l'assurance villégiature

6 min de lecture ·

Différence entre assurance villégiature et assurance résidence secondaire

Les deux termes se ressemblent et couvrent tous deux un logement de vacances. Pourtant, ils répondent à deux situations juridiques opposées : l’assurance villégiature protège celui qui occupe temporairement un bien qui ne lui appartient pas, tandis que l’assurance résidence secondaire protège le propriétaire de son propre bien. Confondre les deux peut laisser un vacancier sans couverture réelle, ou pousser un propriétaire à souscrire une garantie qui ne correspond pas à son besoin.

Cet article distingue les deux logiques, précise qui doit souscrire quoi selon son statut, et traite le cas fréquent du propriétaire qui met sa résidence secondaire en location saisonnière.

À retenir

– L’assurance villégiature couvre l’occupant temporaire d’un bien dont il n’est ni propriétaire ni locataire habituel, sur la base de l’article 1733 du Code civil.

– L’assurance résidence secondaire couvre le propriétaire de son propre bien, utilisé occasionnellement.

– Un propriétaire qui loue sa résidence secondaire a besoin d’une assurance résidence secondaire (ou d’une garantie propriétaire non occupant), pas d’une garantie villégiature.

– C’est le locataire de passage, et non le propriétaire, qui doit être couvert en villégiature pendant son séjour.

Assurance villégiature : couvrir l’occupant temporaire d’un bien qu’il n’a pas en propriété

L’assurance villégiature est une garantie qui couvre la responsabilité d’une personne qui occupe temporairement un logement dont elle n’est ni propriétaire ni locataire habituel. Elle s’appuie sur un principe posé par l’article 1733 du Code civil. Celui qui occupe un local en est présumé responsable en cas d’incendie. Il peut s’exonérer s’il prouve que le sinistre résulte d’un cas de force majeure, d’un vice de construction, ou qu’il lui a été communiqué par une maison voisine.

Cette présomption de responsabilité vise historiquement le locataire d’un bail. Son esprit s’étend toutefois en pratique aux séjours de courte durée : un vacancier en gîte, un hébergé chez un tiers, un occupant de chambre d’hôtes ou de camping. La règle s’applique dès lors que la personne n’a ni la qualité de propriétaire ni celle de locataire habituel du lieu. Faute de garantie villégiature, cette personne resterait exposée financièrement à un sinistre survenu pendant son séjour, même sans faute caractérisée de sa part.

Pour une présentation complète du fonctionnement de cette garantie, voir l’assurance villégiature : définition et fonctionnement.

Assurance résidence secondaire : couvrir le propriétaire de son propre bien

L’assurance résidence secondaire est un contrat qui protège le propriétaire d’un logement qu’il occupe lui-même de façon occasionnelle. Elle couvre les risques usuels : incendie, dégât des eaux, vol, catastrophes naturelles, et responsabilité civile liée au bien.

Contrairement à la résidence principale mise en location, la loi n’impose pas d’assurance habitation obligatoire pour une résidence secondaire occupée uniquement par son propriétaire. L’absence d’obligation légale ne supprime toutefois pas le risque : un logement inoccupé une grande partie de l’année est statistiquement plus vulnérable à un sinistre non détecté rapidement (fuite d’eau prolongée, intrusion). C’est pourquoi la souscription, bien que facultative, reste fortement recommandée par les assureurs et les pouvoirs publics.

Les propriétaires de résidences secondaires sont par ailleurs tenus de déclarer à l’administration fiscale l’occupation de leur bien, y compris lorsqu’ils ne l’occupent pas eux-mêmes. Cette déclaration, distincte de l’assurance, illustre néanmoins le même principe : le propriétaire reste responsable de son bien même lorsqu’il ne l’habite pas en permanence.

Deux logiques différentes : responsabilité locative contre propriété

La différence entre les deux garanties ne tient pas au type de logement concerné, mais à la personne assurée et au fondement juridique de la couverture.

L’assurance villégiature répond à une logique de responsabilité locative. Elle couvre un occupant qui n’a aucun droit de propriété sur le bien et qui pourrait être tenu responsable, au sens de l’article 1733 du Code civil, d’un dommage survenu pendant son séjour. L’assurance résidence secondaire répond, elle, à une logique de protection du patrimoine : elle couvre le propriétaire contre la perte de valeur ou les dégâts subis par un bien qui lui appartient, qu’il l’occupe ou non au moment du sinistre.

Ce n’est donc ni le même risque assuré, ni la même personne protégée, ni le même texte de référence qui fonde chacune des deux garanties. Un même logement de vacances peut ainsi, selon qui l’occupe à un instant donné, relever de l’une ou de l’autre couverture.

Qui doit souscrire quoi selon son statut ?

La question à se poser est simple : suis-je propriétaire du bien, ou seulement occupant temporaire ?

  • Vacancier ou occupant temporaire d’un bien qui ne lui appartient pas (location saisonnière, hébergement chez un particulier, gîte, chambre d’hôtes, camping) : il doit vérifier qu’il dispose d’une garantie villégiature. Elle peut prendre la forme d’une extension de sa propre assurance habitation, ou d’un contrat dédié proposé au moment de la réservation.
  • Propriétaire occupant occasionnellement son propre bien : il doit souscrire une assurance résidence secondaire, dimensionnée aux risques du logement (localisation, période d’inoccupation, valeur des biens meubles présents sur place).

Pour approfondir cette question selon les profils, voir qui doit souscrire une assurance villégiature.

Cas particulier : le propriétaire qui loue sa résidence secondaire

Ce cas prête souvent à confusion. Un propriétaire qui met sa résidence secondaire en location saisonnière n’a pas besoin d’une garantie villégiature pour lui-même. En tant que propriétaire, son besoin reste une assurance résidence secondaire, éventuellement complétée d’une garantie propriétaire non occupant (PNO). Cette dernière couvre spécifiquement sa responsabilité de bailleur pendant les périodes où le bien est loué ou vacant.

La règle applicable à la location meublée d’un bien impose au propriétaire certaines obligations d’information et de mise en conformité du logement. Elle ne le transforme toutefois pas en occupant temporaire au sens de l’article 1733. C’est en réalité son locataire de passage qui, en occupant le bien sans en être propriétaire, se trouve dans la situation visée par cet article et qui a besoin, lui, d’une garantie villégiature pour son séjour.

Autrement dit : le propriétaire assure le bien qu’il possède ; l’occupant temporaire assure sa responsabilité pendant le temps où il l’occupe. Pour le détail des textes applicables à l’occupant, voir l’article 1733 du Code civil et l’assurance villégiature.

Tableau comparatif synthétique

CritèreAssurance villégiatureAssurance résidence secondaire
Personne assuréeOccupant temporaire, non propriétaire ni locataire habituelPropriétaire du bien
Bien concernéLogement occupé pour un séjour de courte duréeLogement dont l’assuré est propriétaire
Fondement juridiqueArticle 1733 du Code civil (présomption de responsabilité)Contrat d’assurance de dommages, non imposé par la loi pour l’occupation personnelle
Risque principal couvertResponsabilité de l’occupant envers le propriétaire ou l’hébergeurDommages au bien (incendie, dégât des eaux, vol) et responsabilité civile du propriétaire
Qui doit souscrireLe vacancier, hébergé ou occupant de passageLe propriétaire occupant occasionnellement, ou son assurance PNO s’il loue le bien

Questions fréquentes

Qui doit souscrire une assurance villégiature ?

Toute personne qui occupe temporairement un logement dont elle n’est ni propriétaire ni locataire habituel : vacancier en gîte, hébergé chez un tiers, occupant de chambre d’hôtes ou de camping. Cette garantie répond à la présomption de responsabilité posée par l’article 1733 du Code civil.

Un propriétaire de résidence secondaire a-t-il besoin d’une assurance villégiature ?

Non. En tant que propriétaire, il a besoin d’une assurance résidence secondaire, complétée le cas échéant d’une garantie propriétaire non occupant s’il loue son bien. La garantie villégiature concerne uniquement l’occupant temporaire du logement, c’est-à-dire, dans ce cas, son locataire de passage.

Que couvre l’article 1733 du Code civil pour un occupant temporaire ?

Il pose une présomption de responsabilité de l’occupant en cas d’incendie survenu pendant son occupation, sauf preuve d’un cas de force majeure, d’un vice de construction, ou d’une propagation depuis un immeuble voisin. C’est ce texte qui justifie, en pratique, la souscription d’une garantie villégiature par l’occupant.

En résumé

La villégiature et l’assurance résidence secondaire ne couvrent pas la même personne ni le même risque. La première protège l’occupant temporaire d’un bien qui ne lui appartient pas ; la seconde protège le propriétaire de son propre logement. Un vacancier ou un hébergé de passage doit vérifier sa garantie villégiature ; un propriétaire, même s’il loue occasionnellement sa résidence secondaire, reste couvert par une assurance résidence secondaire ou une garantie PNO, jamais par une garantie villégiature. Avant de souscrire un contrat, identifiez d’abord votre statut réel vis-à-vis du bien : propriétaire ou occupant temporaire.

Pour aller plus loin, consultez nos guides et notre lexique de l’assurance villégiature.